Une Transeuropéenne

Grèce - Et si nous parlions Economie

 

Nous ne pouvons passer sous silence les problèmes qui défraient largement l’actualité financière et économique de cette année 2010. 

Surpris ? Non. Il n'y a pas lieu d'être stupéfait, une pratique même minime de ce pays permet d'en déceler rapidement les disfonctionnements et les incohérences qui font glisser le pays au bord de la faillite.

Nous naviguons en Grèce depuis plus d’un an, nous en avons fait le tour par les mers Egée puis Ionienne mais nous en avons aussi sillonné l’intérieur des terres, hors des sentiers battus et des routes touristiques. Des points de vue qui nous ont permis d’avoir une vision directe sur le fonctionnement de la société hellène, d’en entrapercevoir les particularismes "citoyens", les déviances politiques ainsi que les dérives économiques.

C'est vrai que depuis avril, date de la crise, nous échangeons plus souvent avec les grecs et ils avouent plus aisément leur inquiétude face à l’avenir ; dans l’ensemble, ils se montrent fort conscients du chaos qui pourrait les renvoyer plusieurs décennies en arrière, à l'ère des "colonels". S'ils en veulent beaucoup à la classe politique, ils reconnaissent que collectivement il y a d'énormes abus, « chez l’autre » bien sûr. Pour résumer leurs propos, je retiendrai une petite phrase de Spiros, l’œil vif et malicieux qui a 85 ans gère toujours son petit supermarket à Kassiopi : "pendant longtemps on a bien profité du système et des défaillances de l'Etat, il nous faut maintenant payer, c'est normal"...

 

Reprenons le fil de l'histoire...

A l’origine d’une vérité cachée : Une attaque boursière…

Mais en avant propos, reconnaissons le, sans polémique, il y a carence dans le contrôle des comptes des pays de la zone euro. En déclarant que c’est aux pays de s’autocontrôler Mr Barroso avoue là son ultralibéralisme (dites à vos inspecteurs fiscaux que dorénavant qu’ils aillent pointer au pôle emploi et que vous allez vous autocontrôler, nous verrons rapidement ce que cela donnera). Après cette digression, revenons à la Grèce, sujet de ce papier.

Oui disais-je, c’est bien une attaque boursière qui a mis à jour la profondeur du gouffre de l’économie grecque…

Du fait de sa faiblesse structurelle, la Grèce a subi une violente attaque boursière menée par quelques machiavéliques traders au service des fonds de pension et de quelques banques d'affaire, ces fonds (parfois de retraites, faut-il le préciser) qui spéculent sur le dos des pays faibles… Ces traders, liés aux agences de notation, avaient une certitude : ils étaient sûrs que les pays amis de la zone euro viendraient en aide à la Grèce… et c’était bien vu… Même s’il y a eu quelques hésitations bien compréhensibles, nous avons volé au secours de la Grèce, France en tête et pour cause... C’est le pays le plus exposé à une banqueroute de la Grèce car il faut savoir que nos grands groupes bancaires sont fortement impliqués sur la péninsule hellénique. Aussi sauver la Grèce, c’était sauver nos banques… la dette grecque envers la France était alors de 75 milliards d’euros et 43 milliards pour l’Allemagne. Ceci explique cela… Sauvez la Grèce, c'était sauver le couple franco-allemand, c'était sauver nos banques... des banques qui, elles-même spéculent... faut-il le rappeler... Sauvez la Grèce, c'était aussi sauver l'Euro, cette monnaie qui dérange l'omniprésent dollar...

 

            

 

Un niveau de vie correct…

La Grèce comprend deux péninsules montagneuses et une myriade d’îles. Cette géographie lui coûte fort cher pour assurer une continuité territoriale.  Faute d'une industrie significative, l’économie repose avant tout sur les derniers armateurs, sur le tourisme qui représente 20% de son activité et sur son agriculture avec des productions axées sur l’olive, la vigne et l’orange.

Depuis le début du XXème,  devant la misère qu’offrait des montagnes arides,  beaucoup de grecs ont migré vers les USA, l’Angleterre, l’Australie, le Canada et dans une moindre mesure vers la France. Si le pays compte à ce jour 11 millions d’habitants, des estimations indiquent que 9 millions de grecs vivent hors du pays… et l'émigration perdure...

A les observer, à les écouter et à en juger à leur niveau de vie, contrairement à une idée largement entretenue par quelques données officielles souvent arrangées, le niveau de vie des grecs est assez proche de celui des français. Les prix des produits alimentaires de base sont égaux ou supérieurs aux nôtres, leur standing de vie est équivalent (65% des grecs sont propriétaires de leur logement contre 50% en France).

Si le salaire moyen mensuel de la fonction publique avoisine les 750 euros, ce qui semble peu, il faut savoir que les pensions et salaires se font sur 13, 14 ou 15 mois, ce qui modifie singulièrement le salaire mensuel lissé sur 12 mois. L’Etat a prévu de modifier cette altération pour revenir à des méthodes plus conformes avec la comptabilité publique d’un état moderne, ce qui n’est pas il faut le dire du goût de tous, notamment des principaux intéressés.

Des maux culturellement ancrés :

Travail au noir, fraude fiscale, corruption, sont les grands défis que la Grèce doit relever si elle veut rester crédible (ce qui est pour la Grèce l’est aussi pour les derniers entrants des Balkans dans l’Europe).

On imagine à tord la Grèce comme un pays pauvre, s’il l’était avant son entrée dans l’Union, le pays fortement aidé par la CEE a connu depuis son entrée une forte croissance déstabilisant aussi l’organisation socio-culturelle du pays. Malgré tout, pour entrer dans l’Union, la Grèce a triché sur ses indices économiques, en cela elle est coupable, mais à décharge, elle a été "gracieusement" aidée par la célèbre société d’affaires  et de cotations Goldman Sachs, qui n’a demandé que 300 milllions de dollars pour échaffauder un deal dans lequel les investisseurs récupèrent les droits portuaires et aéroportuaires, les recettes des péages et le produits des lotos sur 10 ans… un colossal manque à gagner pour l’Etat… et d’aussi colossaux revenus pour  les américains. 

( il convient de dire que Goldman Sachs a joué contre la Grèce au plus fort de la crise… quand on dit que le libéralisme a une morale, ce n’est pas un vain mot…).

Mais tout ceci n’aurait pu se faire sans un mal qui ronge la pays : la triche.

La triche : un mal endémique, une gangrène qui touche tous les rouages de l’Etat et de la Société.

Sans tomber dans la caricature, tous les grecs ne sont pas bien sûr à mettre à l’index, loin s’en faut, mais le mal repose non pas sur le vol qui est condamné par la toute puissante église orthodoxe mais sur la triche, l’arnaque ou la roublardise… L’entourloupe est tellement incrustée dans la culture qu’elle semble inscrite dans les gènes du grec et ce, quelque soit son statut…

Le travail au noir : un statut quasi officiel

Un point flou et non des moindres est l’économie souterraine, celle-ci est de notoriété publique : le volume du travail au noir représenterait selon les experts 35% du P.I.B... Beaucoup de salariés ont un double emploi, un déclaré, l’autre pas. Notre expérience dans l’Attique lors de notre panne démontre s’il le fallait encore comment le grec est prêt à vous aider pour vous soutirer de l’argent, 500 euros par ci 500 euros par là pour un petit boulot, ce, sans facture et sans garantie… parfois avec l’appui et les outils de son employeur… Dans tous les pays, le travail au noir existe mais en Grèce ce travail a quasiment un statut officiel.

La fraude fiscale : un sport olympique

Le deuxième point noir de cette défaillance est la fraude fiscale, un sport national très prisé. Payer l'impôt est un signe de naïveté extrême. Quasiment aucun grec ne paie d’impôt, que ce soit sur le revenu ou sur l’immobilier. Un exemple récent paru dans la presse grecque, l’un des plus célèbres chirurgiens-dentistes d’Athènes déclarait percevoir 850 euro par mois, la célébrité ne paie pas. Bien sûr ne sont pas intégrés les constants dessous de table, une pratique courante même chez les médecins hospitaliers, comme on nous l’a relaté. 

Ou encore cette expérience personnelle, lors de notre incident, il nous a fallu sortir le bateau de l’eau avec une grue de 50 T, le coût est passé subitement de 600 à 720 euro lorsque nous avons réclamé une facture, ou encore lors d’achat d’équipements nautiques, si vous ne demandez rien et que vous payez cash, la  TVA passe à l’as, c’est gagnant/gagnant, seul l’Etat perd…

De tels exemples sont infimes mais ils sont aussi légions, et ce, dans tous les corps de métier.

Autres exemples : Les services fiscaux d’Athènes n’avaient que 500 piscines d’enregistrées, après contrôle par voie aérienne, ils en ont trouvées 15 000 soit 30 fois plus.

Une nouvelle loi vient d’instituer un impôt sur les constructions illégales (une manière de les légaliser, comprenne qui pourra), cette taxe va rapporter 3 milliards d’euro à l’Etat… rien de moins… 

Il va sans dire que ces pratiques sont inscrites dans le paysage depuis des temps immémoriaux, la Grèce des colonels où le chacun pour soi servait de leitmotiv n’y est pas pour rien, mais si ce système perdure c’est qu’il y a manifestement des collusions au sein de l’administration. Cet état de fait s’associe à une corruption solidement ancrée...

La corruption :

Et Oui le troisième mal du pays est la corruption, corruption à tous les étages. Régulièrement des scandales éclatent, là ce sont des fonctionnaires qui avec une enveloppe de 3000 euros vous obtenaient un permis de construire sous quinzaine et ce, dans des zones inconstructibles, c’est comme cela ou bien vous patientez 2 ans. Là, ce sont 10 inspecteurs fiscaux qui se sont faits arrêter dénoncés par leur  train de vie pharaonique ; ils appliquaient la loi des 3 tiers, une méthode simplissime qui veut qu’en cas de fraude avérée et après accord du fraudeur, l’inspecteur encaisse 1/3, l’Etat le 2ème tiers et le contrevenant gagne le dernier tiers. Du gagnant - gagnant sauf pour l'Etat.

Dans ce champ de la corruption, là encore, nous avons un exemple que nous aurions volontiers évité lors de notre panne. Un expert maritime du Pirée est nommé, celui-ci ne verra le bateau que de l’extérieur mais il exige que le moteur soit sorti et entièrement démonté pour l’expertiser. Il s’avèrera qu’il était de connivence avec le mécanicien pour nous mettre un moteur neuf à 30 000 euro dans un délai de 3 mois. Conclusion, nous ferons appel à nos mécaniciens français qui ne mettront que 10 heures à changer la pièce cassée pour 10 fois moins chère.

Ne parlons pas du niveau politique, les exemples sont tellement nombreux qu’il faudrait y consacrer un catalogue sur mesure… car tous ces travers ne pouvaient avoir lieu sans contrepartie pour le personnel politique…

 

Les Grecs sont riches, le pays est pauvre…

Ce postulat posé il faut avouer que si les grecs sont riches, l’Etat, lui est pauvre, si pauvre qu’il a du mal à financer les services régaliens, enseignement, santé, infrastructures… des services qui sont aujourd’hui sinistrés.

Dans leur logique libérale CEE, FMI, et Banque Européenne de Développement ont demandé par systématisme à l’Etat de réduire son train de vie. La demande de cette nouvelle troïka est pour le moins paradoxale, que l’Etat mette de l’ordre dans ses budgets et il y a de quoi comme nous le verrons dans le prochain paragraphe, mais ici en l’occurrence, ce n’est pas un trop d’Etat qu’il faut stigmatiser mais un plus qu’il faut adopter. Un Etat plus fort, respecté aidera la Grèce à dépasser cette crise et à se surpasser. C’est pourquoi la liste des réductions budgétaires parait en totale contradiction avec la problématique hellénique car ce ne sont pas les dépenses régaliennes qu’il faut réduire mais les recettes qu’il faut aller chercher. Améliorer l’enseignement, l’un des plus catastrophiques de l’Europe, s’inscrire en université n’est pas une sinécure car souvent il faut plusieurs d’années d’attente et allonger quelques liasses pour passer les filtres. On comprend mieux la révolte de la jeunesse. Le système de santé est tout aussi en péril, il n’est pas bon de se retrouver hospitalisé en Grèce… Indéniablement la posologie des financiers n’apparaît pas la plus adéquate pour remettre la Grèce debout… déjà le chômage vient de faire un bond avec 11,6% officiellement, 20% d’après des experts indépendants… là aussi la clarté semble de mise… 

Des choix politiques dispendieux :

Une erreur d’appréciation : les JO.

Patrie de l’Olympisme, la Grèce a, en 2004, célébré avec grandeur les 100 ans des JO modernes. Aujourd’hui, elle en paie chèrement l’organisation. Si cette manifestation a permis d’améliorer considérablement les infrastructures de transport d’Athènes et de sa région, l’Attique, elle a aussi gravement creusé le déficit de l’Etat. Qui ne se souvient pas des menaces qui ont pesé sur les jeux, erreurs techniques, retards colossaux, surcoûts astronomiques (9 milliards au lieu de 4 prévus)… Non seulement la facture a été démesurée mais suite à de conséquentes erreurs d’appréciation, de nombreux investissements, comme par exemple le très grand complexe de presse, n'ont pas été reconvertis et sont déjà des ruines olympiques qui n’ont rien d’antiques… Il en est ainsi de nombreux ouvrages qui ne trouvent pas d’affectation et risquent encore de coûter à l’Etat. Les économistes pensent que les JO grèvent annuellement le budget grec de 10% et ce jusqu’en 2014… 

Des coûts à sabrer et à dégoupillonner :

Le budget militaire grec : 13,4 milliards d'euros, soit 5,6% du PIB - le 1er d’Europe par habitant

Pourquoi ? il faut savoir que la Grèce, 11 millions d’habitants est toujours en conflit avec la Turquie  (71 millions d’habitants) au-delà des résurgences de l’occupation ottomane (jeter un œil sur le découpage géographique de ces deux pays limitrophes facilite grandement la compréhension, le cas de Chypre excepté). La Grèce très sensible sur son espace territorial maintient donc un colossal budget militaire dont l’Allemagne et la France sont, avec les USA, les principaux bénéficiaires en tant que pourvoyeurs d’armes. A cela ni l’Allemagne ni la France, ni l’Europe n’ont demandé à la Grèce de baisser ce budget... Deux nouveaux sous-marins seront bien construits par la firme allemande Thyssen Krupp, pour le modeste coût de 1,2 milliard d’euro, l’hypocrisie et le cynisme sont ici aussi de mise. Signe de détente ou par obligation, les deux belligérants, l’un, la Grèce, qui veut réduire son abyssal déficit budgétaire, l’autre, la Turquie, qui veut montrer à l’Europe sa bonne volonté, veulent parvenir à des accords de bons voisinages. Ainsi, les deux chefs de gouvernement, Erdogan et Papandréou se sont rencontrés en juin et ont décidé unilatéralement de baisser leur budget militaire… signe de détente… le temps le dira…. le rafale que voulait imposer notre président attendra…

L’orthodoxie de l’église grecque

Comme déjà dénoncé dans d’autres articles, l’Eglise est inscrite dans la Constitution grecque en l’article 3.

Comment admettre qu’une religion soit en Europe encore inscrite dans les tables de la Loi, alors que d’un autre côté elle s’affranchit de ladite loi avec la république théocratique et autonome du Mont Athos toujours interdit aux femmes ?

Comment admettre que l’église grecque, première fortune et plus gros propriétaire foncier du pays avec 130 000 hectares de terres à bâtir, de forêts et de plages puise dans le budget de l’Etat 350 millions d’euro par an pour payer ses prêtres ?

Comment admettre que cette église soit au centre d’une multitude de scandales fonciers et financiers :

Détournement de 2,58 milliards d’euros de prestations sociales par le primat d’Athènes, l’archevêque Ieronymos II. Une erreur…

Celui du Patriarche de Corinthe, Mgr Panteleïmon, qui s’est retrouvé avec 300 000 euro sur son compte sans qu’il n’en connaisse la provenance… probablement un don du ciel… après enquête il s’est avéré que cette divine somme provenait d’un détournement de subventions européennes… l’argent s’était comme les brebis probablement égaré… l’affaire est passée devant la justice des hommes… Dieu attendra…

Ces scandales impliquant l’église sont légion et le PASOK, actuellement au pouvoir a promis d’y mettre de l’ordre…

 

Un coup de poignard dans le dos ou la rencontre de deux vieilles civilisations :

La Grèce a eu besoin de l’aide des pays de la zone euro et de la manne européenne pour tenir le choc financier mais elle a mis un deuxième fer aux feux…un fer qui pourrait à terme faire très mal à l’Europe. Elle a trouvé plus qu’un appui, un allié qui, comme elle a une histoire millénaire, un allié qui cherche à s’implanter partout dans le monde et qui dispose d’une main d’œuvre bon marché, un allié qui abonde de produits manufacturés, un allié qui possède une puissance financière salvatrice pour un pays en péril, ce partenaire est la Chine. La Chine cherchait à s’implanter dans le Sud-Est Européen. Cette crise est une chance pour ce nouvel empire économique car les deux pays viennent de passer d’importants accords commerciaux : la Chine prend la gestion des terminaux porte-conteneurs du Pirée - les grèves des dockers n’y ont rien changé - parallèlement elle investit dans les chemins de fer, les infrastructures routières et les Télécom grecs. Le fait que la Grèce soit encore leader mondial de la flotte maritime marchande n’y est pas pour rien car elle vient de commander aux chantiers navals chinois 15 navires… des navires que nos chantiers européens n’auront pas… la solidarité a un sens… unique en la matière…

Cette implantation chinoise va bien au-delà de ces investissements, la présence chinoise dans le pays est de plus en plus visible. Pour exemple, sur la seule route qui relie Corfou à Benitses, c'est-à-dire 15 kms, c’est plus d’une dizaine de moyennes surfaces qui se sont établies, principalement dans l’habillement : China Town, China World et autres China Pacotilles qui pratiquent des prix fort attrayants en cette période de disette budgétaire.

Le tourisme : quand la vache à lait se tarie

Le tourisme était le fer de lance économique de la Grèce et représentait 20% de l’économie, mais vu l’excessive augmentation des prix, le tourisme souffre : -15 % en 2009 et  les chiffres pour 2010 annoncent un recul proche de 30 %. Si une dizaine de paquebots ont renoncé pour faits de grève à l’escale athénienne, plus grave la restauration et l’hôtellerie sont dans un état de quasi faillite. La clientèle fait désormais cruellement défaut, les gîtes sont déserts et certains hôtels n’hésitent pas à casser les prix voire à fermer lorsque les charges dépassent les frais incompressibles, c’est un marasme économique sans précédent. Quand on sait que l’économie repose sur cette manne, cela laisse perplexe sur les chances d’une sortie rapide de crise. La nouvelle clientèle issue des pays de l’Est ne compense pas, loin s’en faut, celle des pays occidentaux. La raison en est simple, les commerçants grecs ont pensé pouvoir presser la vache à lait touristique et faire leur CA sur deux mois. C’était oublier que les clients occidentaux vivent aussi la crise et qu’ils ne sont plus prêts à se faire éponger, quand on voit des prix de consommation supérieurs à ceux pratiqués sur les plus belles promenades occidentales… cela laisse songeur… l’expresso à 4 €… non merci…

Ceci dit en 3 mois, nous remarquons une fulgurante prise de conscience et de notables changements dans les comportements quotidiens. Le plus évident est sans conteste le droit à un ticket de caisse et le devoir de l’emporter pour tout achat ; une autre nouveauté, tous les commerces sont dorénavant dotés de vraies caisses enregistreuses... Tout achat doit laisser une trace, le fisc y veille, dans la nouvelle loi fiscale, les grecs qui justifient leurs achats peuvent prétendre à un bonus fiscal. Cette simple mesure a impacté dès le premier mois les recettes de l’Etat sur la TVA, recettes  qui ont augmenté de 8 % et un déficit public  réduit de plus de 40 % au premier semestre 2010. Mais la route est longue et accidentée… Certains grecs sont pessimistes et pensent que leur culture ne leur permettra pas d’éponger le déficit… à eux de voir…  ce qu'ils veulent construire...

 

 

 

Septembre 2010 - Louis-Marie BOSSEAU


Publié à 18:43, le 29/12/2010, dans Articles thematiques, Athènes
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