Une Transeuropéenne

La traversée Grèce Italie

En cette fin août Romar1 laisse une Grèce en proie aux flammes, le feu dévaste à bâbord les sommets corfiotes de Sidari et sur tribord les montagnes gréco-albanaises de Sagiada. Décidément quand ce ne sont pas les relations diplomatiques entre les deux pays qui s'enflamment, ce sont les montagnes qui s'embrasent...
Après une courte et discrète halte à l'île d'Othonie pour éviter que Calypso, qui a déjà retenu dans une grotte Ulysse, ne nous prenne en otage, nous partons nuitamment pour l'Italie. Les prévisons sont contradictoires ce qui rend la météo difficile à appréhender. La navigation nocturne s'avère étonnament tranquille mais à l'approche du jour, en quelques minutes, un épais brouillard émerge des flots et nous enveloppe, notre vision se réduit à 20 m. Sans radar nous sommes à l'étouffé, dans une ouate scélérate qui atténue même les sons, nous naviguons à l'aveugle, l'attention est maximale, tous les sens sont en éveil, la tension à son comble car nous sommes au cœur d'un corridor maritime très fréquenté. Après 4 heures de concentration et de mélasse, la gangue aqueuse s'estompe paresseusement... il était temps car tout juste sortis de cette brume axphysiante nous devons manœuvrer pour éviter un cargo... les gouttelettes changent de front et c'est une sueur à postériori... Un peu plus tard nous croisons deux puissants semi rigides, ils bondissent séparément vers nous, l'un à 10h, l'autre à 14h mais à un mile devant ils s'arrêtent simultanément et nous font face. Flics ou Bandits, Pirates ? Traffic ?... s'ensuit un long round d'observation, ici au milieu de ce nulle part, de cette route nauséabonde qui dessert les Balkans, une zone réputée pour les trafics en tout genre, cela ne rassure pas, toutes les suppositions sont permises...que cherchent-ils ? A l'aide des jumelles, nous remarquons que des hommes immobiles, nous observent aussi,? qui est chat ? qui est souris ? nous feignons tout simplement de les voir et passons au milieu, une fois croisées les 2 embarcations repartent vers leur destinée inconnue.
En fin d'après-midi, les côtes italiennes se dessinent au loin, abruptes, torturées, accidentées, déchiquetées et entaillées d'une multitude de fissures laissant apparaître des crevasses et des grottes inhospitalières. La mer se creuse sous le vent de la Baltique, le fameux « Maestro » déclenche une forte houle croisée, le soleil fuit, la pluie s'abat brutalement, les températures s'effondrent de 32 à 16°. Au fil de notre approche, la mer se fait toujours plus mauvaise, plus cassante, dans ce tohu bohu maritime, un mousqueton rompt et l'annexe suspendue à l'arrière ne tient plus qu'à une seule manille elle oscille, se balance, bat la poupe, tape et retape le balcon arrière, le barbecue heurté se dessoude et plonge au fond, adieu les grillades... à l'intérieur du carré l'ordre se fait désordre, qu'importe « ordo ab chao... ».

Paradoxalement, ce temps de chien ne refroidit en rien l'ardeur des italiens, de nombreux bateaux entrent et sortent du port dans d'impressionnantes gerbes d'eau et de franches rigolades. Ils sont fous ces Ritals...
Nous voici enfin posés en Italie, mais nous sommes toujours dans le chaudron magmatique dans lequel s'amalgament mythologie et histoire, antiquité et modernité, l'Odyssée d'Homère, la route de St Paul, les Chemins des Croisades, des périodes de prospérité, de disettes, de famines, de conquêtes, d'invasions et d'éternelles luttes d'influences.

Pour nous situer géographiquement, disons que nous arrivons à la base de la talonnette, à l'extrême sud du Mezzogiorno, « le midi » italien. Comme en France où le Sud commence Porte d'Italie, le Mezzogiorno commence au Sud de Rome et comprend les Abruzzes, la Campanie, la Calabre, le Molise les Pouilles, la Sicile et la Sardaigne. Mais l'ossature de la région la plus septentrionale est constituée des régions des Pouilles, de la Basilicate et de la Calabre, ces régions reposent sur la chaîne des Apennins dont les sommets avoisinent les 2000 m. Plus qu'une épine dorsale, c'est une région pris parfois de soubresauts, une zone très sensible aux tremblements de terre... mais ici il n'y a pas que la terre qui tremble, la population aussi parfois... mais pour d'autres raisons.

Jusqu'à l'unification par Garibaldi en 1861, ces pays constituaient un royaume qui fut à tour à tour normand, angevin, napolitain, espagnol. Et des tours nous allons en voir, chaque cap, chaque baie, chaque relief possède la sienne, elles forment en fait les clous qui tient la semelle.


Publié à 16:51, le 27/07/2011, Othonoí
Mots clefs : romar1louis-marie bosseaumerbateauothonoiothoniecorfoutranseuropeaitalieadriatique

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De la lumière de la nuit marine

De la mer jaillit la Lumière ou l'histoire d'une phosphorescence marine.

Un étonnant phénomène apparaît la nuit en mer Egée. La première fois, cela parait étrange, voire magique. Pour faire simple, disons que le bateau est équipé d'un tuyau transparent pour puiser l'eau de mer à des fins sanitaires, grand a été notre étonnement quant la nuit ce tuyau s'est illuminé.

En fait, ce phénomène est connu depuis longtemps des marins grecs et turcs - ignares que nous sommes - car ce phénomène est étudié depuis le XVIIIème. Il serait même perceptible depuis les années 2000 sur les côtes bretonnes. Mais de quoi s'agit-il donc ? Il s'agit d'une efflorescence planctonique, oui mais encore ? cette magie lumineuse est tout simplement dûe à une concentration du Noctiluca scintillans ou Noctiluca miliaris, « lumière de la nuit ». En fait, c'est un organisme unicellulaire animalcule de quelques microns qui se développe lors du réchauffement des couches d'eau. Ce plancton (une microalgue) est un prédateur qui se sert de sa bioluminescence pour attraper ses proies. Brillante idée !  N'est ce pas ?

Quant à la couleur, elle est variable, en Mer Egée, elle est verte, parfois dans le sillage d'un bateau cela donne un flux bleu ou peut virer à l'orange en très grande quantité.

Les lecteurs avertis se souviendront que Jules Verne en parlait déjà dans son ouvrage "20 000 lieux sous les mers" : « Le Nautilus flottait au milieu d'une couche phosphorescente, qui dans cette obscurité devenait éblouissante. Elle était produite par des myriades d'animalcules lumineux, dont l'étincellement s'accroissait en glissant sur la coque métallique de l'appareil. Je surprenais alors des éclairs au milieu de ces nappes lumineuses, comme eussent été des coulées de plomb fondu dans une fournaise ardente, ou des masses métalliques portées au rouge blanc ; de telle sorte que par opposition, certaines portions lumineuses faisaient ombre dans ce milieu igné, dont toute ombre semblait devoir être bannie. Non ! ce n'était plus l'irradiation calme de notre éclairage habituel ! Il y avait là une vigueur et un mouvement insolites ! Cette lumière, on la sentait vivante ! ... »

 

 


Publié à 20:00, le 24/12/2009, dans Articles thematiques,
Mots clefs : noctilucanegéeplanctonlumièremer

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