Une Transeuropéenne

Le café grec

Les différents cafés grecs

Enfin une autre boisson largement consommée par les grecs : le café. Les grecs en sont de très grands buveurs. Froid en été, chaud en hiver, oui en été le café frappé est sans conteste la boisson favorite, ils en consomment en toutes circonstances et en tous lieux, notamment au volant, au boulot et sur tous les bureaux trône religieusement tel un calice, le haut gobelet de 33 cl dans lequel plonge une paille.

Le café frappé est un mélange de café instantané, de sucre et de glaçons passé au shaker, sa création est récente puisqu'elle date de 1957 et est une invention accidentelle d'un commercial de Neslé...

 

Sinon les grecs sont également grands amateurs du café qui porte leur nom : le café grec. Attention, ne parlez pas de café turc, vous pourriez réveiller quelques querelles. Son origine est pourtant commune : Pendant la période turque, seuls les occupants avaient les moyens de consommer du vrai café. Les pauvres grecs récupéraient la poussière du café dans les moulins et la faisaient bouillir comme une infusion... Maintenant le café grec est un café moulu très fin additionné d'eau, sucré et chauffé dans un Briki, une petite mais haute casserole. Le café peut être gliko, très sucré, metrio un peu sucré ou sketo non sucré. Il est toujours accompagné d'un verre d'eau fraîche. Il faut le boire très chaud mais cependant après l'avoir laissé se reposer, buvez en aspirant le café à la surface, c'est bruyant mais personne ne s'offusquera. Evitez de le boire d'un trait vous risqueriez fort d'avaler le marc qui se trouve au fond de la tasse... Le prix, il est fort variable de 1 à 4 euro en région touristique, quant on sait qu'il y a généralement la valeur de 3 cl dans le fond de la tasse, cela le rend un brin amer...

 
       

Publié à 20:52, le 24/12/2010, dans Articles thematiques,
Mots clefs : café grectranseuropaeRomar1Grèce

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D’un déluge en Turquie ?

   

Le déluge est certainement un des plus anciens mythes de l’histoire humaine, presque toutes les civilisations en possèdent un de la sorte. Pour les philologues ce mythe existait probablement avant même l’écriture quand la tradition orale était le seul mode de transmission des savoirs.

Le premier texte connu à ce jour est issu de tablettes sumériennes à l’écriture cunéiforme, c’est-à-dire au tout début de l’écriture. Ce texte date de 2700 ans avant notre ère et est connu sous le titre de  « l’Epopée d’Atrahasis » ou « Poème du Supersage ». La civilisation assyro-babylonienne réécrira ce récit sous le titre « Epopée de Gilgamesh » (an 1200 av. JC). C’est cette version qui sert maintenant de référence, les autres écritures reprennent le scénario, seuls changent le nom des acteurs, l’époque et le lieu.   Citons par ordre d’écriture quelques récits connus :En Chine, deux récits, celui de l’Empereur Yu de la dynastie Xia (21 siècle av. JC) ou celui de l’île Maurigasima avec le Roi Peiruun…En Inde où les récits sont légions, citons celui de Rig Veda et celui du Mahâbhârata avec Manou (env 1000 ans av. JC)…En Iran, l’un des plus anciens récits, le texte Zoroastrien (env – 600 av. JC)  avec l’Avesti YimanEn Grèce, le récit (écrit estimé –-500 av. JC) avec pour héros Deucalion et un déluge voulu par Zeus où un vaisseau échoua sur le Mont Parnasse au-dessus de Delphes ou bien le mythe de Philémon sauvé par Jupiter dans « les Métamorphoses » d’Ovide (-43 av. JC à +17 JC)Et celui de l’Atlantide cité par Platon (-427 à  -347 av. JC), un texte qui s’est mu en un déluge d’encre.Le récit de l’Ancien Testament - Livre de la Genèse (ch. 6 à 9) (écrit vers -400 av. JC) mentionne ce déluge près de 3000 ans av. JC avec comme héros Noé, Nuh, Noah, Noun… En Amérique, on trouve des variantes chez les Mayas, les Incas et dans les tribus indiennes ainsi qu’en Europe à travers des textes irlandais.  Cette multiplicité de récits ne fait que confirmer que la mondialisation existait déjà, que la mobilité des populations était importante et que les mythes se transformaient selon les lieux et les époques. D’autre part lors des conquêtes, les envahisseurs apportaient leurs croyances. Il en est ainsi de la Christianisation, pardon de la pacification de ces peuples barbares, il n’y a rien d’étonnant à ce que les peuples d’Amérique du Sud aient repris cette légende.   Alors le déluge : Véracité ou fantaisie ? Comme la plupart des mythes, ils trouvent leurs origines dans des événements ayant frappé durement les esprits et ils sont entrés dans l’histoire en ayant été largement dévoyés pour servir une cause, une croyance.Les analyses linguistiques de ces multiples récits se sont affinées et sont maintenant confrontées aux outils scientifiques que sont l’hydrologie, la géologie, la paléontologie et l’archéologie… des matières qui permettent de lever progressivement le voile, de cerner leur contexte originel et donc d’en infirmer ou d’en confirmer la véracité. De tous les mythes, celui du déluge a été de ceux qui ont été les plus repris et interprétés par les scriptes. Ces copistes cherchaient à les ancrer dans une vérité, celle de leur dogme. Sans parler de la thèse soutenue par Anastase Kirchner au XVIème proche de celle déclamée aujourd’hui par les fondamentalistes qui affirment que le déluge est une œuvre de Dieu, ils sont à même de vous préciser la date précise, de décrire par le détail l’architecture du bateau et la composition exacte de son hétéroclite chargement ; des interprétations fantaisistes liées à des pathologies connues.Cependant dans le mythe du déluge, une piste concentre les réflexions des chercheurs et alimente depuis quelques années les revues scientifiques ; cette hypothèse s’appuie sur les modifications géologiques et les séismes qui sculptent l’écorce terrestre. Replongeons nous dix millénaires en arrière. Nous sommes au néolithique, ça y est, vous y êtes ! Notre planète ne ressemble pas tout à fait à celle d’aujourd’hui. A la place de l’actuelle Mer Noire se trouve un lac d’eau douce, « le lac Pontique » d’environ 300 000 km2. Ses eaux sont issues du bassin danubien, son niveau est inférieur de 200 m à celui de la mer de Marmara, et donc par conséquent à celui de la Méditerranée. Pour nombre de chercheurs, un séisme lié à un mouvement tectonique - n’oublions pas que nous sommes sur la faille nord anatolienne -, aurait rompu l’isthme situé au Nord -Est du Bosphore. Cette rupture aurait créé une gigantesque chute d’eau équivalant à 200 fois les chutes du Niagara déversant les eaux saumâtres de la Méditerranée dans ce lac d’eau douce. Le niveau de ce dernier augmente de 170 m en 18 mois. Comme chacun sait, les populations partiellement sédentarisées s’établissent le long des points d’eau. Il est facile de comprendre que ces populations voyant monter inexorablement l’eau (les rives reculent de 1 à 4 km par jour selon les lieux) noyant au passage biens, terres et ressources, ont dû avoir une peur bleue et évoquer quelques esprits maléfiques. Réfugiés sur quelques collines, certains ont péri, d’autres sont montés sur quelques embarcations de fortune pour retrouver terre (1). Cette thèse est issue des années 1980. Un géologue bulgare, le Docteur Dimitrov, trouve en Mer Noire des coquillages d’eau douce. Une analyse au carbone 14 les date de 7 000 ans, c'est-à-dire avant-hier. En 1993, sous l’égide de deux américains, William Ryan et Walter Pitman, est lancée une campagne de recherches avec une équipe internationale et pluridisciplinaire. Les résultats confortent la thèse hydrogéologique d’une montée des eaux dans cette région du globe. En 1998, William Ryan mène avec le concours de l’Ifremer une campagne de carottage géologique qui confirme l’hypothèse. En 2000, le géologue américain Robert Ballard, soutenu par la revue National Geographic, lance une nouvelle campagne pour trouver d’autres indices. Equipé des robots, il explore le fond et découvre au large de Sinop (au Nord-Est d’Istanbul) du matériel archéologique et des traces d’habitat. Si la communauté scientifique n’est pas encore unanime sur cette thèse et d’autres expéditions sont en préparation, il est vrai que d’autres versions existent. Gageons que la science pourvue de plus de moyens et de nouveaux outils pourra apporter un éclairage sur cette transformation géologique et dire si ce mythe est fondé. Notons qu’une équipe de théologiens chinois vient d’annoncer en cette année 2010 avoir découvert l’arche de Noé sur le Mont Arafat… la quête du Graal continue…  
 (1)  Est-ce en mémoire de ce cataclysme que les Grecs ont d’abord baptisé la mer Noire "Axine" c’est-à-dire « la mer inamicale », avant qu’elle ne devienne plus tard Euxine (ou Pont-Euxin) c’est-à-dire « la mer amicale » ?  
 
Louis-Marie BOSSEAU - 2009

Publié à 20:53, le 9/11/2009, dans Articles thematiques,
Mots clefs : louis-MarietranseuropaeDélugebosseauturquieistanbulBateaumer noire

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